19 juillet 2012

Mockingbird

The_Cemetery

Ça a foutu une claque quand c’est arrivé. C’était à peine croyable, comme une sorte de blague à laquelle on ne croirait pas tout de suite. Le petit « non… tu te paix pas tête »avec un sourire à moitié amuser à moitié apeuré, mais en fait pas du tout. C’était bien vrai et elle était bien morte. Quand j’ai appris la nouvelle… comment dire. C’était comme recevoir une douche froide, être jeter du haut du World Trade Center (R.I.P), être écrase par un camion, être poignarder en plein cœur, et le tout en même temps. Une tonne de sensations qui se mélange et qui font tellement mal à la fois qu’on peine même à respirer. On passe d’abord par la phase de dénie, on se dit «Ce n’est pas vrai… » La voix tremblante, on ose à peine y croire ça semble tellement fou encore une fois. Puis on commence à voir flou. On se rend compte qu’on a oublié de respirer, on comprend que les larmes sont montées, on est tétanisé. Puis on sent le vide. Et il se creuse, encore et encore. A croire qu’il ne s’arrêtera jamais, on croit qu’il va nous couper en deux et l’on ne peut qu’attendre.

 Viens ensuite les explications d’une disparition tragique. Chaque mot est comme un coup de massue. On supplie pour que ça s’achève au plus vite, mais on veut comprendre en même temps « pourquoi ? ». Et c’est vrai. Pourquoi elle, pourquoi cette personne, c’est égoïste mais pourquoi pas quelqu’un d’autre? Pourquoi comme ça ? Pourquoi maintenant ? Tout simplement Pourquoi ? Un pourquoi qui torture, un pourquoi qui déchire… Alors on accuse le monde, à tort ou à raison… qu’importe. On ne demande qu’à se réveiller de ce mauvais cauchemar, et on hurle à l’aide. Mais il est trop tard. Est-ce qu’il est trop tard ? On pleurs, on pleurs de haine, on pleurs de désespoir. On étouffe. Un petit étau se serre à notre gorge. Aucun de nos muscles ne réponds, on tremble. On tremble à s’écrouler parfois. Mais on continue à tenir bon, sans vraiment savoir pourquoi.

Puis on commence à accepter, et une pléiades d’images, de souvenirs se précipitent à notre esprit… on les voit sourire, on se rappelle leur odeur, on se souvient de leur blagues, de leur défaut, mais on se souvient surtout du vide. C’est horrible… mais est-ce bien nécessaire de le préciser…

Une fois tout ça passer, une fois s’être habitué à la douleur, il faut désormais être annonciateur de la nouvelle… et l’on croit à peine prononcer ces mots : « **** est mort … ». 

On ne comprend pas… Je ne comprends pas… je ne veux pas… Je ne peux pas…

J’aurais tellement voulu avoir plus de temps !

Juste un peu plus de temps… pour ****.

Posté par AnatolePhrance à 21:24 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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