12 mars 2012

[Exercice 11] Réécriture Scène

Lettre 1*, De Emilie P. à France V.

 

 

            Ma chère France, pardonne l’incongruité de ma lettre. Je dois te faire part de quelque chose qui depuis un long moment fais de ma raison, le jouet de ce démon. Il me détient et sait jouer avec mon cœur comme un chef d’orchestre conduit sa musique. Je te parle là du Vicomte de Valmont comme toujours. Mon domaine d’expertise, me condamne à l’observer de loin et à regarder avec force soutient les projets qu’il met en œuvre. Dieu que je regrette de n’avoir de titre. Si j’eu été noble, au moins aurais-je pu avoir une maigre consolation en faisant partie de ses conquêtes. Mais je ne suis que putain, et me contente de ma misère, trop peu souvent égaillé par l’objet de mon désir. Tu dois me trouver bien sotte de prétendre ainsi au respect, à la richesse et à la vie de société. Je comprends ton étonnement, mais je te prie de me croire lorsque j’assure avec conviction que le Vicomte sait faire de l’esprit avec les plus petites parcelles de l’homme.

Pour preuve, la nuit dernière je me trouvais à ses appartements. De retour à Paris il m’a convié à lui rendre une visite qui fut des plus chaleureuses. Qu’elle ne fut pas ma joie lorsque je parvins à sa porte et que son fidèle commis m’ouvrit les portes du plaisir. Comme à son habitude il était vêtu gracieusement, et son regard langoureux saisi mon âme au vif. Un seul regard et j’étais déjà son esclave. Mais je ne montra rien de son pouvoir sur moi. Tu me connais ma chère France, je fais de la discrétion une règle de conduite. Chemin faisant, il me conduit à la partie intime de ses appartements. Une pièce somptueuse, qui rejoue sous mes yeux nos ébats passés. Nos jeux m’avaient manqué. A lui aussi semble-t-il. Et Dieu que c’est bon d’avoir entre les cuisses un homme qui a la pleine possession de sexe. Aucun autre client n’a ce savoir-faire. Mais je m’égare, pardonne moi France. Je te passe les détails de cette douce nuit de retrouvailles pour m’attacher à ce qui t’intéresseras ici. Dénuer des entraves vestimentaires, l’orage grondait au dehors. Il couvrait aisément les manifestations de mon plaisir pour le plus grand bonheur de ses gens.

Il se servit de mon dos comme d’un pupitre pour écrire une lettre. La plume acéré courait le long de mes courbes. La chose était plaisante. Comme l’accompagnant, le souffle s’échappant de sa bouche, réchauffait ma peau à nue. Le coquin écrivait d’une main, tant dis qu’il laissait l’autre à portée de mes fesses, sous prétexte que je ne devais faire le moindre geste. Mais il ne perdait en rien sa concentration et il utilisait à merveille les usages de la langue dans son écrit. Le désir montait en moi comme un volcan, la nervosité de l’immobilité me forçait à rire. Mais je t’avoue ma belle France, que je sentais la résistance s’émousser et que bientôt je ferais de sa lettre le lieu de ma jouissance.

Cette lettre. Cette femme. J’en suis jalouse, mais je crains par la même occasion de pouvoir vivre mon sentiment tant les choses semble impossible entre le Vicomte et moi. Si seulement j’étais né noble, plutôt que de finir putain. Je meurs à petit feu chaque fois que je quitte sa présence, la seule raison de ma survie, est la bien maigre consolation d’une retrouvaille fortuite. L’attente est une torture, mais être privée du membre qu’est le Vicomte est une abomination. Entends ma détresse mon amie, je t’en supplie aide moi. Délivre-moi de cette passion. Mais avant de finir ma plainte, voilà un client je t’écris dès que je m’en débarrasserais.

Voilà la fin de ma nuit, et le début de ta journée ma tendre France, pense à ta pauvre Emilie qui subit les affres d’un amour impossible. Le sourire me vient aux lèvres lorsque je repense à cette histoire bien triste que m’a conté un jour le Vicomte. Deux jeunes amoureux qui avaient le malheur d’être nés dans des familles rivales. Je te quitte sur cette pensée, et te souhaite de ne jamais vivre l’impossibilité qu’est la mienne. Je t’embrasse bien fort, à très bientôt.

 

Ps : Si tu le souhaite je te raconterais notre nuit dans le billet suivant, je sais que tu meurs d’envie de connaître la chronologie du dernier épisode de notre rencontre.

Paris, 17***

 

Posté par AnatolePhrance à 14:06 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur [Exercice 11] Réécriture Scène

    Vallmonnt forever

    Voilà cette fameuse lettre ! C'est très bien ! ça me plait beaucoup & la lettre de Valmont sur le dos de la prostituée est mythique, alors avoir un autre point de vue est très chouette

    Posté par Pupurelalicorne, 12 mars 2012 à 19:17 | | Répondre
  • Merciiiiiiiiiii =)
    Valmont... Mon héros!! j'ai deux héros dans la vie, Hannibal Lecter (oui oui), et le Vicomte de Valmont!
    Je vais bien tout va bien =D

    Posté par Anthony, 12 mars 2012 à 20:55 | | Répondre
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