Imaginarium Libertis

09 avril 2013

Micro Moment [Sujet 4]

O toi Monde de la Nuit,

     Que ne Ferais-Je pas,

            Pour Finir dans Ton Lit !

 

Lorsque je suis rentré de ma soirée, cette nuit-là, j’ai surpris un monsieur au fond du wagon. Il n’était pas seul. Au début je pensais que la femme qui l’accompagnait était la sienne, mais je compris quelques stations plus tard que ce n’était qu’une amie. D’ailleurs au moment où celle-ci est descendue du train, j’ai remarqué l’air triste, plein de regret et de déception. Son regard, luisant de vodka et surement de bières, regardait s’éloigner la jolie jeune femme. Une  jolie rouquine, aux yeux bleus, magnifique. Légèrement élancée, fine, superbement enveloppée dans une robe blanc cassé à flanelles. Des escarpins noirs. Elégante, bandante, séduisante. Physiquement très agréable à regarder. Je me suis surpris à la fixé du regard de même que l’homme au fond du wagon.

Une fois que la belle fut partie, que le son strident et martelant du RER ai retentit, l’homme sorti son téléphone portable et commença à taper vigoureusement dessus. Pour ma part je me suis mis à mon aise, occupant sans vergogne quatre sièges avec ma seule personne. Non je n’ai rien salit et je n’ai en rien dégradé, si bien que j’avais quelque peu disparu dans les sièges. De fait l’homme ne me voyait plus et pensait qu’il était seul. A sa décharge je dirais que plusieurs stations étant passées, et n’ayant pas donné signe de vie… l’inconnu s’est « lâcher » de façon répétée, bruyante, et odorante. Heureusement pour moi le terminus était à portée d’oxygène. Lorsque je refis surface de mon lit improvisé, Crado-man n’a ni rougit, ni ne s’est senti honteux. Non au contraire, il m’a souri. Chose très étrange, puisque ne le connaissant de nulle part je n’avais aucune envie d’apprendre à le connaître après une démonstration de fluides corporels aussi puissantes !

Ce sourire m’a fait penser à cette franche camaraderie que l’on retrouve entre homme parfois dans les vestiaires de sport. Sauf que là, un seul de nous s’était mis à nu, un seul de nous avait transgressé les règles fondamentales de la bienséance, et j’étais le seul que cela génait. Enfin mon arrêt tant attendu était arrivé, me voilà libre, et autorisé à respirer l’air pur et sans tâches (excusez du jeu de mot), un parfum de vivacité.

A la sortie de la gare, l’homme disparu dans la ville, et j’ai ressenti un énorme soulagement à son départ. Et je me suis dit intérieurement : « Ne jamais faire confiance à un barbu BCBG !»

 

rer

 

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25 août 2012

[Exercice 12] Plage et Coquillage

                                                                     praia_de_ipanema_rio_de_janeiro

          Enfin les vacances, enfin la liberté. Zéro responsabilités, je n’entendrais plus parler du boulot pendant au moins deux semaines, je vais pouvoir me détendre, attraper tous mes livres non lu de ma bibliothèque – environ une bonne douzaine que j’ai collectionné avec le vain espoir de les lires après mes journées de travail harassante… oui tout à fait, je travails comme hôtesse à la mairie. A moi les plages de sable blanc, les mers turquoise, les brises marine qui me caresse le creux des seins pendant que je me dore la pilule sous un soleil de plomb avec pour seule activité : mater, bouquiner, re-mater – c’est important – et boire ; des cocktails évidemment. Le tout servi bien frais par des barmen bodybuilder chemise ouverte, torse au vent… Mais avant, il me reste encore une dernière journée à achever. Aller ma vieille, motives toi ! Debout Rachelle… humm bon sang pourquoi le réveil affiche toujours l’heure fatidique. Ce truc est une torture, chaque fois que l’on daigne poser les yeux dessus, il affiche une heure désagréable pour le merveilleux couple – soi et son oreiller ne nous enflammons pas – comme pour nous rappeler toutes ces fois ou on le frappe violemment le matin ; alors que le pauvre ne fait que son travail. Réveil : un métier à risque ? C’est peu dire. Nous n’y pensons pas assez souvent c’est vrai, un réveil s’en prends pleins les boutons chaque jour de l’année. Non c’est vrai sauf pendant les vacances parce qu’étrangement on le punit du fait de nous rendre le service nécessaire mais particulièrement cruel de nous réveiller avec autant d’aplomb...

 

Merde ! je parle, je parle mais le temps lui défile ! Saleté de réveil ! Et hop une douche expresse, vive les cheveux gras. Maquillage oblige. Un café, un freedent… Heu non qu’est-ce que je raconte-moi. Un café, un croissant, SMS aux copines. Prête ! Magnifique je n’ai mis qu’une heure. J’ai donc une bonne vingtaine de minute à lézarder. Regardons le courrier, alors facture, facture, facture, pub, facture, facture, banque – ça sent le sapin – facture, magazine, facture, magazine, magazine, chewing-gum – si, si c’est possible – ha, une lettre. Je n’avais pas touché à ma boîte aux lettres depuis deux semaines, avant-hier soir.

« Salut ma jolie, un petit coucou du Brésil, il fait beau, il fait chaud, la samba résonne, le cachaça (alcool local) coule à flot, Vivi et moi sommes aux anges, les brésiliens donnent chaud. D’ailleurs je soupçonne Victoria d’avoir pris du bon temps sur la plage la nuit dernière si tu vois ce que je veux dire. Les plages sont tout simplement magnifique, nous avons fait énormément de lèche vitrine, des paires de chaussures par millier, le rêve. C’est vraiment dommage que tu n’aies pas pu venir avec nous, tu nous manques beaucoup. Bon ok ce n’est pas tout à fait vrai, mais au moins on a une pensée pour toi. Cela dit tu serais surprise du nombre de choses que tu peux faire ici. C’est dingue. Quand je pense que toi tu seras en Bretagne… j’ai regardé sur le net dans un taxiphone ici (avec des vendeurs très sympathique, et physiquement très intelligent), tu devrais avoir du beau temps, c’est une bonne nouvelle ! Bon Ernesto nous attends, j’ai oublié de te parler de lui, c’est notre guide touristique, il vit à Rio et c’est proposer de nous faire visité et même de nous héberger. Taillé dans la roche, une carrure à faire rêver, un corps protecteur, beau, charmant, drôle, mais ce qui me fait chavirer c’est son petit accent lorsqu’il parle français. Il est tout simplement parfait.

On t’embrasse Vivi et Lison. »

Premières réactions : puis-je leur souhaité un bronzage raté, une intoxication alimentaire, une intempérie fulgurante, et de se faire voler – oui je suis cruelle – mais elles aussi. Pétasses ! Je serais sa foutue lettre sans même m’en rendre compte, et comme une idiote je l’ai emporté avec moi au boulot. Mon dernier jour de travail allait être bousillé, flinguer, détruit, réduit à néant par ces deux pain-bèches. Puis dans la continuité d’une journée pourrie, comme si cela ne suffisait pas à mon cher karma, la vision de cet Ernesto prenait des allures de dieu grec sortant de la mer turquoise, l’eau glissant lentement le long de ses muscles, et lui me transperçant d’un regard langoureux.

La réalité fut tout autre, lorsque Patrick, un pot de colle professionnel, me jetait un regard… étrange, qui me fit me sentir comme une tartiflette un long soir d’hiver. Derrière son double vitrage, et la globulescence hyper développée (oui le barbarisme est obligatoire pour traduire mon dégoût, navrée), se cachait un être sûrement très gentil, attachant, convivial, un peu potache mais dénué de mauvaise volonté. Bref pas du tout le type d’homme qui m’attire, et j’avoue ne pas lui laisser l’occasion de me prouver mon erreur. Il est bizarre il faut dire.

Les heures découlaient à la vitesse de mollusques handicapés faisant la course contre des grands-mères en déambulateur. Une torture. Le programme de ma soirée se planifiait dans ma tête, dès ma sortie du bureau j’allais foncer à la maison embarqué mon paréo, mon monoï (bronzage oblige), mes magazines (bah oui je ne parle pas portugais MOI), mes lunettes de soleil, mes robes du soir, mes talons, bref mon attirail séduction, et décoller pour – roulement de tambours – la Bretagne…

            Comme pour me donner bon espoir, et me réconforter des cinq heures quarante-cinq qu’il me restait à tuer derrière mon comptoir poussiéreux, où les feuilles de papier semblaient avoir trouvé leur lieu de rendez-vous, je me connectais à internet pour regarder la météo. J’eu une pensée pour mon réveil, l’idée me vint que peut être toutes les horloges se connaissaient et conspiraient contre l’espèce humaine…

Non, non, non, non, non. N.O.N ! Vous l’aurez compris de la flotte en abondance. En période de canicule, la seule dépression auquel l’anticyclone n’a pu résister, c’était pour bibi. La déprime… moi qui commençais à imaginer un beau Frédéric, maigrichon dans sa combinaison de surf sortir de l’eau au loin (marée basse), et le voir remonté ce parcours de couche culotte, de sac plastique de canette de bière, d’oursins, et de Tampax… j’étais accablé.

            Le blues me gagnait, la vision du concombre d’Ernesto me faisait pleuré de jalousie, j’en venais même à envisagé le cornichon de Patrick, c’est vous dire… je sanglotais à mon comptoir, les rares personnes présentent se retournèrent sur moi, je m’effondrais sur mon bureau, anéantie.

 

 Des éclats de rire perçaient mes oreilles. Une chaleur intense m’étouffait, le soleil brûlait ma peau. Et ma tête se mouvait de haut en bas au rythme d’une respiration autre que la mienne. Qu’est-ce que… puis en écoutant de plus près, je m’apercevais que les gens ne parlaient pas français. Ho génial, ce n’était qu’un rêve ! Ho putain ! Le soulagement.

« Tu t’es endormi, me demanda un homme avec léger accent. Ho Ernesto pensais-je, encore mieux en vrai.

-          Non, répondis-je, je me reposais un peu les yeux.

Ses lèvres douces et charnues laissaient glisser un sourire d’ange sur son visage bronzé, il prit l’air amusé.

«  Tu ronfles souvent quand tu te reposes les yeux ? Il éclata de rire et me pinça le bout du nez. La honte… évidemment je ne pouvais cautionner ce dérapage respiratoire. Non mais moi… ronflé ! On aura tout vu. Admettre que cela pouvait être possible revenait à accepter qu’il en face de même. Voire plus si affinité. J’avoue que ce passage d’Ernesto, ronflant et pétant au lit me subjugua beaucoup moins que lorsqu’il se leva et se déshabilla pour plonger dans la mer d’Ipanema. La praia de Ipanema, comme ils disent. Tout était beau, tout était parfait. Et finalement Violette et Lisa n’étaient pas les pétasses de mon rêve, mais bien les amies qui me sont si chères. Avec leur conjoins dans leurs mains, et leurs mains loin d’Ernesto (il ne faut pas pousser mémé dans les orties tout de même).

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19 juillet 2012

Mockingbird

The_Cemetery

Ça a foutu une claque quand c’est arrivé. C’était à peine croyable, comme une sorte de blague à laquelle on ne croirait pas tout de suite. Le petit « non… tu te paix pas tête »avec un sourire à moitié amuser à moitié apeuré, mais en fait pas du tout. C’était bien vrai et elle était bien morte. Quand j’ai appris la nouvelle… comment dire. C’était comme recevoir une douche froide, être jeter du haut du World Trade Center (R.I.P), être écrase par un camion, être poignarder en plein cœur, et le tout en même temps. Une tonne de sensations qui se mélange et qui font tellement mal à la fois qu’on peine même à respirer. On passe d’abord par la phase de dénie, on se dit «Ce n’est pas vrai… » La voix tremblante, on ose à peine y croire ça semble tellement fou encore une fois. Puis on commence à voir flou. On se rend compte qu’on a oublié de respirer, on comprend que les larmes sont montées, on est tétanisé. Puis on sent le vide. Et il se creuse, encore et encore. A croire qu’il ne s’arrêtera jamais, on croit qu’il va nous couper en deux et l’on ne peut qu’attendre.

 Viens ensuite les explications d’une disparition tragique. Chaque mot est comme un coup de massue. On supplie pour que ça s’achève au plus vite, mais on veut comprendre en même temps « pourquoi ? ». Et c’est vrai. Pourquoi elle, pourquoi cette personne, c’est égoïste mais pourquoi pas quelqu’un d’autre? Pourquoi comme ça ? Pourquoi maintenant ? Tout simplement Pourquoi ? Un pourquoi qui torture, un pourquoi qui déchire… Alors on accuse le monde, à tort ou à raison… qu’importe. On ne demande qu’à se réveiller de ce mauvais cauchemar, et on hurle à l’aide. Mais il est trop tard. Est-ce qu’il est trop tard ? On pleurs, on pleurs de haine, on pleurs de désespoir. On étouffe. Un petit étau se serre à notre gorge. Aucun de nos muscles ne réponds, on tremble. On tremble à s’écrouler parfois. Mais on continue à tenir bon, sans vraiment savoir pourquoi.

Puis on commence à accepter, et une pléiades d’images, de souvenirs se précipitent à notre esprit… on les voit sourire, on se rappelle leur odeur, on se souvient de leur blagues, de leur défaut, mais on se souvient surtout du vide. C’est horrible… mais est-ce bien nécessaire de le préciser…

Une fois tout ça passer, une fois s’être habitué à la douleur, il faut désormais être annonciateur de la nouvelle… et l’on croit à peine prononcer ces mots : « **** est mort … ». 

On ne comprend pas… Je ne comprends pas… je ne veux pas… Je ne peux pas…

J’aurais tellement voulu avoir plus de temps !

Juste un peu plus de temps… pour ****.

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12 mars 2012

[Exercice 11] Réécriture Scène

Lettre 1*, De Emilie P. à France V.

 

 

            Ma chère France, pardonne l’incongruité de ma lettre. Je dois te faire part de quelque chose qui depuis un long moment fais de ma raison, le jouet de ce démon. Il me détient et sait jouer avec mon cœur comme un chef d’orchestre conduit sa musique. Je te parle là du Vicomte de Valmont comme toujours. Mon domaine d’expertise, me condamne à l’observer de loin et à regarder avec force soutient les projets qu’il met en œuvre. Dieu que je regrette de n’avoir de titre. Si j’eu été noble, au moins aurais-je pu avoir une maigre consolation en faisant partie de ses conquêtes. Mais je ne suis que putain, et me contente de ma misère, trop peu souvent égaillé par l’objet de mon désir. Tu dois me trouver bien sotte de prétendre ainsi au respect, à la richesse et à la vie de société. Je comprends ton étonnement, mais je te prie de me croire lorsque j’assure avec conviction que le Vicomte sait faire de l’esprit avec les plus petites parcelles de l’homme.

Pour preuve, la nuit dernière je me trouvais à ses appartements. De retour à Paris il m’a convié à lui rendre une visite qui fut des plus chaleureuses. Qu’elle ne fut pas ma joie lorsque je parvins à sa porte et que son fidèle commis m’ouvrit les portes du plaisir. Comme à son habitude il était vêtu gracieusement, et son regard langoureux saisi mon âme au vif. Un seul regard et j’étais déjà son esclave. Mais je ne montra rien de son pouvoir sur moi. Tu me connais ma chère France, je fais de la discrétion une règle de conduite. Chemin faisant, il me conduit à la partie intime de ses appartements. Une pièce somptueuse, qui rejoue sous mes yeux nos ébats passés. Nos jeux m’avaient manqué. A lui aussi semble-t-il. Et Dieu que c’est bon d’avoir entre les cuisses un homme qui a la pleine possession de sexe. Aucun autre client n’a ce savoir-faire. Mais je m’égare, pardonne moi France. Je te passe les détails de cette douce nuit de retrouvailles pour m’attacher à ce qui t’intéresseras ici. Dénuer des entraves vestimentaires, l’orage grondait au dehors. Il couvrait aisément les manifestations de mon plaisir pour le plus grand bonheur de ses gens.

Il se servit de mon dos comme d’un pupitre pour écrire une lettre. La plume acéré courait le long de mes courbes. La chose était plaisante. Comme l’accompagnant, le souffle s’échappant de sa bouche, réchauffait ma peau à nue. Le coquin écrivait d’une main, tant dis qu’il laissait l’autre à portée de mes fesses, sous prétexte que je ne devais faire le moindre geste. Mais il ne perdait en rien sa concentration et il utilisait à merveille les usages de la langue dans son écrit. Le désir montait en moi comme un volcan, la nervosité de l’immobilité me forçait à rire. Mais je t’avoue ma belle France, que je sentais la résistance s’émousser et que bientôt je ferais de sa lettre le lieu de ma jouissance.

Cette lettre. Cette femme. J’en suis jalouse, mais je crains par la même occasion de pouvoir vivre mon sentiment tant les choses semble impossible entre le Vicomte et moi. Si seulement j’étais né noble, plutôt que de finir putain. Je meurs à petit feu chaque fois que je quitte sa présence, la seule raison de ma survie, est la bien maigre consolation d’une retrouvaille fortuite. L’attente est une torture, mais être privée du membre qu’est le Vicomte est une abomination. Entends ma détresse mon amie, je t’en supplie aide moi. Délivre-moi de cette passion. Mais avant de finir ma plainte, voilà un client je t’écris dès que je m’en débarrasserais.

Voilà la fin de ma nuit, et le début de ta journée ma tendre France, pense à ta pauvre Emilie qui subit les affres d’un amour impossible. Le sourire me vient aux lèvres lorsque je repense à cette histoire bien triste que m’a conté un jour le Vicomte. Deux jeunes amoureux qui avaient le malheur d’être nés dans des familles rivales. Je te quitte sur cette pensée, et te souhaite de ne jamais vivre l’impossibilité qu’est la mienne. Je t’embrasse bien fort, à très bientôt.

 

Ps : Si tu le souhaite je te raconterais notre nuit dans le billet suivant, je sais que tu meurs d’envie de connaître la chronologie du dernier épisode de notre rencontre.

Paris, 17***

 

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11 mars 2012

Petit N'importe quoi 2

Les Dangers de la jeunesse

Pour ce qu’elle a de profondément attachant, aventureuse et jouissive, la jeunesse n’en demeure pas moins la dangerosité même. En effet de par son inexpérience elle est le boulevard des préjugés des préconceptions hasardeuses et fignolé grossièrement – à la bière sans doute – ce qui compose le souffle impitoyable de celle que l’on nomme Intolerentia. N’étant pas le seul lot de l’individu, elle s’inscrit d’autant plus dans les croyances populaires. Ce qui l’est intéressant de noté ici, c’est le caractère virulent, presque épidémique dont elle sait si bien se couvrir. L’exemple des Etats-Unis est en cela assez révélateur, comme bon nombre de jeune pays, il a des difficultés à trouver les égalités qui doivent être inaliénables. Mais les vieux pays comme ceux de l’Europe, notamment la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne, et j’en passe n’excelle guère mieux dans cet exercice fastidieux, il faut bien l’avouer. Le prix payé est simple. Des guerres à n’en plus finir pour des questions aussi idiotes que de savoir « quelle race mérite de vivre ou non ? ». Mais il est aisé d’avoir un regard aussi critique sur des évènements passé qui ont déjà fait couler beaucoup d’encre.

Ce qui attriste le plus, c’est l’héritage archaïque qui fait œuvre de base commune – bien qu’inconsciente – quant aux questions de moralité et de politiquement correcte. Quoiqu’en ces temps mouvementé les choses sembles prendre une tournure bien différente, mais toujours avec une lenteur exemplaire. L’homosexualité par exemple, qui pendant un temps fut toléré à demi-mots pendant la Grèce antique, fut ensuite considéré comme un pêché innommable. Jusque dans les années 1970 – et encore c’est pour être gentil – elle fut considéré comme une déviance, et les homosexuels furent relégué au rang de parias. Une chose aujourd’hui étonne encore, les homosexuels, qu’ils soient homme ou femme n’ont pas le droit de faire don de leur sang. Pourquoi ? Jusqu’à preuve du contraire ils utilisent des capotes comme tout le monde. Et le SIDA est une bien piètre excuse, car les statistiques montrent clairement que la plus grande partie des malades est hétérosexuel. Pourquoi alors les traité comme des bêtes noires, pourquoi ne pas les intégrés à une société (qui de toute façon ne sait pas ce qu’elle veut) aussi dynamique que la nôtre. Et des exemples il y a en a la pelle : racisme, discrimination, favoritisme, individualisme, les clochards… à croire que les inégalités sont une partie de l’équation inévitable pour que le monde tourne. A bien réfléchir l’idée n’est pas si farfelu que cela. C’est une bien malheureuse façon d’envisagé l’humanité mais, si l’humain n’était pas individualiste de par sa nature, il n’aurait pas besoin de s’élever dans  la société. L’expression elle-même veut tout dire. Chacun à un besoin incontrôlable, de s’élever socialement au-dessus de son voisin. Avoir un bon job, avoir une reconnaissance, être bien établie, avoir les choses qu’il faut, faire les choses qu’il faut mais en accord avec la pensée populaire – il ne faudrait pas fâcher le voisin que l’on tente de battre – tout doit être fait selon des règles tacites communes. Le pouvoir le plus effrayant est que ces règles semblent naturelles, normales et justifiés. Ce qui pose le problème de l’opposition. S’opposé à une idée préconçue, à une norme sociale aussi forte que « les noirs et les arabes ne sont pas français » revient à rejouer le combat de David contre Goliath.

Ainsi l’individuation de l’homme le conduit à la rivalité avec autrui mais surtout avec lui-même, ce qui créer la formation de clan qui forcément vont se tapé sur la gueule pour des questions aussi importante que « mon Dieu à moi c’est le Dieu unique », et vont engendrer des génocides parce que des peuples auront eus l’outrecuidance de vouloir leur indépendance. Ce qui semble être un problème aujourd’hui c’est la place indétrônable que semble avoir ces normes tacites. Au fil des âges elles ont eu l’occasion de – soit disant – légitimer leur fondements, en résulte aujourd’hui des catastrophe. Les normes sont indispensables à l’humain, ceci est une règle de la socialisation, mais la violence qu’elles engendrent n’est que le fruit de l’agressivité des hommes. Face à la vieillesse du dogme, la jeunesse révolutionnaire a bien du mal à se faire entendre.

L’égalité ne serait en fait qu’un os balancé aux chiens de l’humanité pour qu’ils patientent ? L’égalité totale, entre femmes et hommes, entre ethnies, cela semble quelque peu utopiste. C’est une idée qui semble dénuée de réalisme parce que la norme veut que l’on pense de façon capitaliste c'est-à-dire, de façon hiérarchisé. Mais la Tolerentia elle est possible. C'est une question de volonté. 

En claire, l’Intolerentia est un virus qu’on n’est pas près de voir disparaître. Mais une chose est sûr elle n’est clairement pas une partie de l’équation nécessaire à la survie de l’espèce humaine, puisqu’elle change d’objet à tous les âges de l’humanité. 

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17 février 2012

[Exercice 5] Texte/ Photo

femme dans la cuisine


Recette Mortelle 


 

Non. Ce n’était pas possible. Comment une telle chose avait-elle pu se produire. Elle avait suivi les instructions du patron à la lettre. Elle voyait d’ici, son sort se dessiner. Mécontent, déçu et enragé par l’échec de sa mission, ils seraient prêts à lui coller une balle dans la tête. Franck aurait pu venir à son secours, si monsieur n’avait pas les yeux rivé dans le décolleté outrageusement plongeant de Phalline. Cette blondasse, pétasse, grognasse, salace double melons, avait le chic pour faire capoté ses plants. Elle lui menait la vie dure, et ce n’était pas une mince affaire que de la remettre à sa place. Des passagères de trottoir comme on n’en fait plus. Francky l’adorait. Il allait même jusqu’à renier sa femme – paix à son âme – pour faire de son investissement, un placement rentable… physiologiquement j’entends. Comme le dit tout le temps Marco Pilone : « Cette fille, c’est une allumette ! Quand tu la gratte elle flambe puis, elle finit par te cramer les doigts ».

 Bon sang, mais qu’est-ce qu’elle avait fait pour mériter ça. Bien entendu Phalline n’avait pas ce genre de problème. Et c’est Bibi, qui se retrouve à faire la vaisselle. Elle essayait, tant bien que mal, de faire de cette activité agaçante au possible, une joie intense. Allez savoir c’était peut-être la dernière chose qu’elle ferait de son vivant. Avant de les supplier de lui laisser la vie sauve évidemment. Mais merde, comment ça avait pu se produire. Et puis c’est totalement injuste, incohérent, démesuré. Sa seule faute dans toute cette affaire avait simplement été de raté une recette italienne. En gros elle allait mourir pour avoir échoué dans la cuisson de ses pâtes carbonarra. « Ces italiens je vous jures ! », pensa-t-elle. Et à juste titre.

 Comme si le fait de savoir que la mort l’attendait à la fin de la casserole ne suffisait pas, elle devait faire la vaisselle. Ces messieurs  étaient  installés dans le salon spacieux, pompeusement décoré,  sous un nuage de fumée de cigare planant dans l’air. Vengeance ! Phalline suinterait le cigare – hors de prix certes – pendant de longues  heures après son départ. Maigre consolation cela dit. Il faut le reconnaître, elle aurait préféré sentir la cuvette des toilettes, du resto le plus crasseux de la ville, le cigare immonde, la poubelle pas fraîche – pour peu qu’une fraîche existe – le poisson frit, le vestiaire de gymnase, plutôt que son cerveau fasse de la place à une nouvelle arrivante ; métallique de forme cylindrique dans sa tête. UFO, objet non identifié… Pas grave, elle fait son trou, y reste et emmerde le reste des habitants.

 Bon la vaisselle, était finie… Elle se dirigea à reculons dans le salon.

 « Eh Josie ! C’était quoi cette bouffe immonde ? », c’était le gros Paul – que l’on appelait ainsi non pas parce qu’il était obèse, mais parce qu’il était d’une inconvenance rare et possédait l’humour le plus gras de toute la communauté -  qui criait comme d’habitude. Jamais un compliment cet homme. Pas de « ho merci c’était délicieux » ou de « tu es un vrai cordon bleue Josie, on a de la chance de t’avoir », non jamais.

 -   Si t’es pas content, t’as qu’à faire à manger toi-même pour toi et tes p’tites copines !

 Quitte à mourir autant dire ce qu’elle avait sur le cœur. Elle avait été leur larbin pendant des années. Il faut savoir se rebeller dans la vie, même si ça se fait 10min avant de rencontré le Seigneur et de marcher dans le tunnel lumineux avec lui.

 Toute l’assistance éclata de rire. A sa grande surprise, Phalline lui adressa un sourire complice. Elle restait sur place, statique, ne savant quoi faire ni quoi dire pour réagir.

 -    Ho, on est nerveuse aujourd’hui ! Je rigole, va ! C’était potable, ça ne vaut pas la cuisine de la Mama, mais c’était bon.

 Un pincement des lèvres, puis l’élargissement de sa bouche… Non… Elle n’en croyait pas ses yeux le Paupaul souriait… c’était possible ?! Il avait l’air sincère. Il avait peut-être un cœur à la place de son revolver après tout.

 De retour dans la cuisine elle reprit ses esprits, se rendit compte de l’absurdité de ses pensées, puis s’appuya contre l’évier l’air grave. Mon dieu qu’elle avait été bête ! Heureusement personne n’avait entendu toutes ses pensées. 


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10 février 2012

[Exercice 10] Objet à la première personne

Il Faut Sauver le Soldat Bacar


 

Je m’appelle Di. Bacar Di. Ma mission, c’est de vous désinhibé, vous dévergondé, vous écartez de votre droiture, vous rendre dingue, délirant et déluré, et vous faire rencontrer la Débauche à défaut de vous faire rencontrer la Faucheuse.

 Mes compagnons et moi, nous mettons tout en œuvre pour que vous soyez tous torchés à souhait, penchés sur la lunette. Mais notre métier comporte des risques, et malgré notre nombre impressionnants, nous sommes tous des jouets aux yeux de ceux qui nous dirigent. On nous échange, nous torture, et je ne compte même plus le nombre de nos compagnons que nous avons perdus sur le champ de bataille. Certaines guerres sont de véritables tragédies pour notre camp, mais parfois, la roue tourne et nous parvenons à mettre à terre quelques ennemis. Voici le récit de ma dernière mission, nom de code : Rhum Express – rien à voir avec le dernier film de Johnny Deep, qui lui est un très bon ami que j’ai rencontré à maintes reprises sur son bateau... Un dénommé Black Pearl je crois.

 La nuit était déjà bien avancer. Avec mes frères de guerres nous nous préparions dans nos camps. Les bunkers étaient pleins de munitions, et les dirigeants œuvraient pour tout mener à bien. Les premiers ennemies arrivaient la pression montait. Chacun de nous regardait son voisin avec inquiétude, appréhendant l’heure fatidique de son entrée sur le champ de bataille. Dans mon bataillon, j’étais accompagné par le  soldat Whis Ky, le soldat Eris Toff ; ces mecs-là étaient des pointures dans leur domaine.

 C’était notre tour, je partis le premier. La résonnance des basses passait à travers moi comme un couteau. Ma cible se fraya un chemin dans la foule de bipède qui s’agitait nerveusement. Dieu que je haïssais ces créatures. Mais je n’avais pas le temps de penser à eux pour le moment, j’avais une mission à remplir. « Toi mon gars, j’vais te faire dire bonjour à la cuvette des toilettes ! », pensais-je pour me motiver. Puis d’un coup, le trou noir.

 « Il perd son Rhum ! Faites quelques chose bordel! », « Bacar ! Non ! Pas toi ! », « Bacar accroche toi mon vieux ! Ca va aller », « On a un gobelet à terre !!! ».

 Je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Je sentais mon rhum coulé le long de mon rebord en plastique. J’ai été touché. Je reconstituais peu à peu ce qui venait de se passer. Je pensa que c’était un des bipèdes voisin qui m’avait violement shooté. J’avais fini sur le champ de bataille allongé, agonisant dans mes derniers instants. Les cris de désespoir de mes compagnons de boissons me parvenaient au digestif, ou du moins ce qu’il en restait. Ma cible avait foutu le camp, « quel enfoiré ce bipède, il n’a même pas la décence de me regarder mourir ». Bon sang. Ma vie de soldat, ma mission. Tout était fini. Mon numéro de série s’effaçait sous les piétinements déloyaux des géants.  Ma vision se perdait à l’observation d’une scène d’horreur. Mon regard croisa celui les cadavres de mes compagnons, mort pour notre cause. Ces corps plastifiés sans vie, qui ne rencontraient pour seules compagnies des taillons aiguilles impitoyables et sans distinctions. Le Sergent Ballentines, les soldats Polly Akov et Nick Hold, le capitaine Abseau Luth, un cimetière.

 Mon rôle c’était gobelet en plastique… j’ai été déployé sur un champ de bataille trop ambitieux pour moi. Voilà tout. J’espère juste pouvoir me réincarner. Avoir une vie paisible de tasse à café ou je pourrais me faire prendre et gentiment, me faire dorloter et caresser. Ou en pommeau de douche. Ouais !!! Ca ce serait fantastique. Un pommeau de douche dans une collocation de jeunes demoiselles. J’aurais chaud toute la journée, j’aurais une belle et longue vie. Mais surtout et avant tout, je pourrais caresser des belles  bipèdes – oui je sais je change de camp avant la mort, et alors ? ça vous pose un problème ? – j’aurais accès à des parties de leur anatomie dont les géants rêvent. Je pourrais me laisser frotter doucement le long de leur cou après une journée difficile, puis elles me passeraient juste ce qu’il faut entre leurs seins. Je leur apporterais le réconfort dont elles auront besoins. Et les nuits solitaires elles…

 

La belle vie… 


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28 janvier 2012

[Exercice9] Nouvelle et Titres

Les Liaisons Dangereuses

 

Entre les griffes des fleurs du mal, James se présenta sous l’en joue des jeux de l’amour et du hasard. Les effluves de roses diverses dansaient dans l’air, jouant le balais le plus étourdissant qui soit. Les tentations vilaines, caressaient son sens durcit du devoir. Le coup parti sans prévenir ; un petit « Hé c’est moi je m’en vais ! » lui aurait fait plaisir. Qu’à cela ne tienne au bonheur de ces dames, il rechargeait déjà. L’odyssée de leurs ébats, prendrait la forme des métamorphoses, sous les traits des songes d’une nuit d’été. L’outil brulant, collait sa jambe. 

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26 janvier 2012

Petit N'importe quoi

La Gérante

Je me souviens des arrêts de bus…

            En face de tout ce monde, elle ne pouvait s’empêcher de faire un scandale. Comme d’habitude elle faisait jaillir de sa bouche douce et pulpeuse, des paroles plus meurtrières que les balles d’un fusil, ou plus pénétrantes qu’un curé – au choix. Une de ces journées de Décembre qu’on n’oubliera pas ; un de ces moments qui met à mal les fêtes de fins d’année. Remettant sur le tapis de vieilles querelles, elle s’emporte, je jubile, et inversement.

 Les cris fusent, c’est Bagdad dans sa tête, la course à l’armement entre sa langue et ses lèvres. Pour mon cœur et mon égo c’est la Seconde Guerre mondiale. C’est violent. Elle me rappel mes promesses non tenues, me traite de tous les noms. Elle me déteste. Je l’aime. C’est fantastique l’adaptation humaine. Elle est à deux doigts de me gifler, elle ne demande que ça. Moi aussi d’ailleurs, ça me donnerait une bonne raison de me tirer vite fait bien fait. Pure exemple de lâcheté masculine, fuir devant les problèmes et vous chargé ensuite mesdames une fois le dos tournée – à prendre dans tous les sens du terme, vulgaire ? Oui je sais. Sa haine m’envahit comme une douce couverture de dégoût. Petit à petit la Seconde Guerre mondiale, laisse place à la Guerre Froide. Entre amour et haine, j’avoue que moi aussi je suis sur le point de la giflé.

            Les gens autour, regardent ébahis, comme devant une télé. Ils jettent des regards en biais, moitié choqué de la scène, moitié intéressé. Prêt à dégainé le pop-corn tout juste acheté dans le centre commercial voisin, et profiter du spectacle qui ne leur coûte pas la moindre redevance TV.

Ce moment critique de la dispute, et par extension de la séparation, est un moment magique. Un pur délice. Chaque mot pèse lourd dans les balances d’affection-révulsion. Malgré une colère pourtant vivace, il y a cette minuscule barrière que l’on ne franchit pas. Cette toute petite différence entre la colère amoureuse, et la haine gratuite. Manque de pot je l’ai franchi. C’était une jubilation mérité de voir la décomposition de sa jolie frimousse. Noyé dans les larmes, le mascara – non waterproof – dégoulinant gentiment, c’est l’escalade dans les règlements de compte. J’accumule les fautes affectives et les erreurs de jugement, elle accumule les manipulations et les coups bas. C’est une véritable boucherie.

            Pour se laisser le temps de trouver de nouveaux arguments, je laisse un petit blanc entre chaque explosion de sanglots incontrôlés que je m’évertue à calmer d’un câlin réconfortant. Je bouffais littéralement ses cheveux, mon manteau aspirait joyeusement les jus de morve et de larmes. Pas très glorieux.

Elle faisait la gueule. Compréhensible. Moi je restais dans mon coin, jamais l’attente d’un bus n’a été aussi longue. On se jette des regards de détestation. C’est bouillant de rage. Les autres voyageurs en attente observent d’un air interdit, comme si le moindre mot allait avoir des conséquences désastreuses. Elle est à bout. Moi de mon côté je me sentais mal. Cette fille est un vrai poison. Mais c’est mon poison, et je l’aime. Et c’est tellement bon de faire des scènes qu’il serait injuste de s’en privé.

            Puis voyant poindre le désastre qui m’attendait si je ne rattrapais pas nos conneries, je me lançais vers elle. La queue entre les jambes, la fierté masculine bien piétiné, notre égo enfermé à double tour au fin fond de notre orgueil.

Toucher le bout du bras relève de l’exploit, je m’avance l’effleure. Là une pluie de baffes et de sanglots se mêlent. On ne sait pas très bien lequel provoque l’autre. Mais l’important est de ne pas se laisser atteindre au visage. D’excuses en tout genre jusqu’à la supplication je parviens enfin à la calmer, la laissant déblatéré seule sur les raisins de sa colère. Elle se débat et fini par céder. Elle finit dans mes bras. Je résiste à l’envie démangeante de relancer la dispute. Elle est magnifique quand elle s’énerve.

C’est une scène de plus que nous venons d’offrir au monde, et après laquelle, la haine se déverse dans un vide inconnu. L’aversion comme n’ayant jamais existée, les cajoleries reprennent leurs rôle et place. On se crache des insanités à la figure. On aime ça. Elle autant que moi. L’assurance absolue de pouvoir dire l’indicible blessant, de pouvoir la cracher comme le venin qu’il est et, l’instant d’après reprendre la vie ou nous l’avions laissé. Une chance. On se fait du mal pour se prouver qu’on s’aime. C’est con…

            Mais puisque l’on s’aime à s’en déchirer, pourquoi est-ce qu’elle est allongé là dans cette ruelle crasseuse, un flingue à la main. Pourquoi… est-ce qu’elle ne bouge plus ? Pourquoi… pourquoi est-ce que tout le monde autour la regarde comme ça ? Pourquoi est-ce que ce type… prend des notes ? Pourquoi personne ne fait rien ? Pourquoi je suis le seul à pleurer ? Pourquoi personne ne fait…  Pourquoi personne ne fait rien ? Pourquoi personne ne fait rien ?!

18 janvier 2012

[Exercice3]

L’Hameçon

 

« Un panier, comme le bonhomme à glace alors ! »

Préparatif de dernières minutes. La voix d’Amelia portait dans toute la pièce. Cela faisait bien une demi-heure qu’elle négociait avec le fournisseur en accessoire, pour la fête de Franck. Il allait fêter ses vingt-cinq ans et il voulait que ce soit mémorable. La folie des grandeurs. C’est avec ce genre de client qu’Amelia était plus que ravie de faire le métier qu’elle faisait. Organisatrice évènementiel. Le nom seul faisait rêver des dizaines de milliers de personnes, car pour eux ce binôme magique du vocabulaire n’avait pour définition que le seul terme : fête.

Qui dit fête, dit population nombreuse. Qui dit population nombreuse, dit personnes de sexe opposé. Qui  dit personnes de sexe opposé, dans une fête, dit alcool. L’équation était connue du grand public. Une loi de la nature qui remonte à la nuit des temps – sauf qu’à cette époque c’était du mammouth et non pas un digestif à 40% d’alcool que l’on utilisait pour parader et séduire les jeunes demoiselles ; à vrai dire il n’est même pas certain qu’il y ait eu séduction à ce moment-là – bien entendu.  

Franck, avait loué un somptueux château en province pour l’occasion. Un cadre fantastique. Des colonnes d’arbres témoins du temps qui passe, longeaient la longue allée d’entrée. Le château se dressait de toute sa hauteur, imposant sa carrure dominante. Pour Amelia ce n’était pas un évènement de plus. C’était l’évènement auquel le beau Franck l’avait très vivement convié à passer un petit moment en tête à tête avec lui.

La main toujours fermement serré sur le téléphone, elle laissa son regard se balader à travers la pièce large, où se trouvait tous les bureaux des agents de la boîte. N’écoutant qu’à moitié, voire pas du tout ce que vociférait l’homme à l’autre bout du fil. A tâtons, il chancelait puis fini par trouver une proie… agréable.  Un pantalon à pince, taille quarante-quatre, magnifiquement bien porté, rempli avec brio, par son collègue David. Des traits fins, la symétrie parfaite, dans des propensions  gracieusement séductrices. Et elle ne parlait pas là de son visage d’Apollon. Rare furent les fois où elle avait eu l’occasion d’admirer un tel savoir-faire. Des beautés comme on n’en fait plus.

« Ecoutez Mr Henry, mon client est prêt à payer Mais il veut ces panier ».

La négociation fut rude, mais à la fin, comme toujours c’est elle qui avait imposé sa volonté. Le dos lâchement échoué sur le dossier de sa chaise à roulettes, elle poussa un profond soupir. Elle songea à reconsidéré l’invitation de Franck car après tout il n’était pas si mal. Et puis c’était toujours ça à se mettre sous la dent. Elle en profiterait, elle se lâcherait. Quelqu’un pourrait la remplacer pour superviser la soirée, elle l’avait bien mérité. Ce soir elle partait à la chasse. Ce soir il était à elle, elle n’en ferait qu’une bouchée. « Lili Tornade » comme on l’appelait lorsqu’elle faisait la folle, allait se préparer pour une soirée torride. Dans des limites raisonnables, bien entendu.

 

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